Guide technique

Préparation de surface SSPC-SP10 / NACE 2 : le décapage au métal presque blanc

Hicham M, ing., PMPModifié le 10 min de lecture

Qu'est-ce que la préparation de surface SSPC-SP10 ?

SSPC-SP 10/NACE No. 2 est la norme de décapage au jet abrasif au métal presque blanc. Examiné sans grossissement, l'acier doit être exempt de toute huile, graisse, poussière, saleté, calamine, rouille, peinture, oxyde et produit de corrosion visibles ; les taches résiduelles sont limitées à 5 % de chaque unité de 9 po² (3 po × 3 po).

Ces taches se limitent à des ombres légères, de fines traînées ou des décolorations dues à la rouille, à la calamine ou à un ancien revêtement. Un éclat de calamine ou de la rouille au fond d'une piqûre est un résidu, pas une tache : le degré n'est pas atteint.

Quatre points de la norme échappent souvent au chantier :

  • On juge par unité de surface. Pas de moyenne sur une virole : chaque carré de 9 po² (environ 76 mm × 76 mm) doit respecter les 5 %.
  • Le degré s'évalue juste avant l'application. Un retour de rouille, et la surface n'est plus SP 10.
  • L'huile et la graisse s'enlèvent d'abord, par nettoyage au solvant (SSPC-SP 1). Sabler sur de l'huile l'étale.
  • SP 10 ne définit pas le profil d'ancrage. Propreté et rugosité sont deux exigences distinctes.

Le texte fait foi ; les photos du guide SSPC-VIS 1 ne sont qu'une aide visuelle.

SSPC-SP10, SP5, SP6 : la famille des normes de préparation de surface SSPC

Les degrés qu'on rencontre dans les devis nord-américains, avec leur équivalent NACE et le degré ISO 8501-1 le plus proche :

NormeNomExigence en brefDegré ISO 8501-1 le plus proche
SSPC-SP 1Nettoyage au solvantEnlève huile, graisse et contaminants solublesAucun
SSPC-SP 2Nettoyage à l'outil manuelEnlève calamine, rouille et peinture non adhérentesSt 2 (approx.)
SSPC-SP 3Nettoyage à l'outil mécaniqueComme SP 2, à l'outil mécaniqueSt 3 (approx.)
SSPC-SP 5 / NACE No. 1Métal blancAucun contaminant visible, aucune tacheSa 3
SSPC-SP 6 / NACE No. 3Décapage commercialTaches limitées à 33 % de chaque unité de surfaceSa 2
SSPC-SP 7 / NACE No. 4Décapage léger (brush-off)Enlève le non-adhérent ; l'adhérent peut resterSa 1
SSPC-SP 10 / NACE No. 2Métal presque blancTaches limitées à 5 % de chaque unité de surfaceSa 2½
SSPC-SP 11Outil mécanique jusqu'au métal nuMétal nu avec profil, obtenu à l'outil mécaniquePas d'équivalent direct
SSPC-SP 14 / NACE No. 8Décapage industrielRésidus adhérents tolérés sur au plus 10 % de chaque unité de surfacePas d'équivalent direct
SSPC-SP 15Outil mécanique, qualité commercialeMétal nu avec profil ; taches limitées à 33 % de chaque unitéPas d'équivalent direct

Ces équivalences ISO sont approximatives, pas exactes. ISO 8501-1 juge sur des photos de référence propres à chaque degré de rouille initial (A à D) ; SSPC, sur des critères écrits et une limite de taches. Une surface acceptée dans un système peut être refusée dans l'autre. Notre article ISO 8501 ou SSPC : quelle norme gouverne la préparation de surface montre comment trancher dans le devis.

SP 2 et SP 3 (nettoyage à l'outil) comme SP 6 (jet abrasif) ne remplacent jamais SP 10 quand la fiche technique exige le métal presque blanc.

NACE No. 2, SSPC-SP 10 et AMPP : une norme, trois noms

« NACE No. 2 » et « SSPC-SP 10 » désignent la même norme conjointe. En 2021, NACE International et la SSPC ont fusionné pour former l'AMPP (Association for Materials Protection and Performance), qui la maintient aujourd'hui. L'exigence n'a pas changé, seul l'éditeur. Citez la désignation et l'édition invoquées par votre devis, et indiquez l'équivalence une fois. Notre table de correspondance NACE, SSPC et AMPP couvre les autres normes conjointes.

Profil d'ancrage : ce que SP 10 ne précise pas

Le sablage creuse aussi le profil d'ancrage, dont SP 10 ne fixe pas la profondeur. La plage visée vient de la fiche technique du fabricant du revêtement et du devis, parce qu'elle dépend du produit et de son épaisseur de film. Trop faible, le profil limite l'adhérence ; trop profond, il laisse des pointes que la première couche risque de mal couvrir.

  • ASTM D4417, méthode C : ruban réplique lu au micromètre à ressort. Il laisse une valeur et un échantillon pour le dossier QA/QC. Les méthodes A (comparateur) et B (jauge de profondeur) sont les autres options.
  • ISO 8503 : comparateurs pour profils de grenaille angulaire et sphérique (ISO 8503-1) et méthode au ruban réplique (ISO 8503-5).

Le plan d'inspection fixe le nombre de lectures (la SSPC-PA 17 est souvent citée).

Abrasifs pour le décapage au métal presque blanc

L'abrasif détermine la forme du profil, la productivité et les résidus. On le choisit selon le profil exigé, le support et le chantier.

  • Grenaille d'acier angulaire : recyclable, adaptée à l'atelier et aux enceintes avec récupération.
  • Grenaille d'acier sphérique : profil martelé ; souvent mélangée à de l'angulaire.
  • Abrasifs minéraux et scories non recyclés : courants en chantier ouvert ; leur propreté relève de la SSPC-AB 1.
  • Grenat : minéral naturel, dur, relativement peu poussiéreux.
  • Oxyde d'aluminium : dur, recyclable ; courant sur l'inox et les non-ferreux pour éviter la contamination par le fer.
  • Sable de silice : très restreint à cause de la silice cristalline respirable ; vérifiez les règles provinciales de santé et sécurité du travail.

L'abrasif doit lui-même être propre (SSPC-AB 2 pour l'abrasif ferreux recyclé ; ASTM D4940 pour la conductivité des contaminants solubles), tout comme l'air comprimé (essai au papier buvard, ASTM D4285).

Contaminants invisibles : sels solubles et poussière

Une surface SP 10 à l'œil peut quand même faire échouer le revêtement : les contaminants les plus nuisibles ne se voient pas.

Sels solubles. Chlorures et sulfates se logent dans les piqûres et résistent au sablage à sec ; en immersion, ils causent cloquage osmotique et corrosion sous film. On les extrait par la méthode Bresle (ISO 8502-6) et on mesure la conductivité de l'extrait (ISO 8502-9). Le seuil d'acceptation est fixé par le devis ou le fabricant du revêtement, pas par SP 10. Au-delà, le remède usuel est lavage à l'eau propre, nouveau sablage et nouvel essai.

Poussière. Les fines laissées en surface affaiblissent l'adhérence de l'apprêt. L'ISO 8502-3 évalue la poussière au ruban adhésif, par quantité et par classe de taille ; le devis fixe la cote acceptable.

Conditions ambiantes : point de rosée et température de l'acier

La condensation sur l'acier sablé est invisible et amorce la rouille éclair. La règle courante, reprise dans les indications de l'ISO 8502-4 et dans la plupart des devis, maintient l'acier au moins 3 °C au-dessus du point de rosée pendant le sablage final et l'application. Les limites d'humidité relative et de température minimale viennent du devis et de la fiche technique.

Mesurez l'acier au thermomètre de contact, pas l'air, et consignez les conditions tout au long des travaux. Au Québec et en Ontario, un arrêt d'hiver exige presque toujours chauffage et déshumidification ; voyez notre guide sur l'application d'un revêtement époxy par temps froid pendant un arrêt d'hiver.

Délai entre sablage et apprêt : la rouille éclair

SP 10 fixe une condition, pas un nombre d'heures : la surface doit encore être au métal presque blanc quand l'apprêt est appliqué. Rouille éclair ou recontamination : on ressable. Si le devis ou la fiche technique fixe un délai maximal, cette valeur s'applique. Ne sablez que ce qui peut être apprêté tant que les conditions tiennent, et réinspectez l'acier sablé au quart précédent. Le sablage humide et le jet d'eau ont leurs propres degrés de rouille éclair ; la fiche technique dit lequel l'apprêt tolère.

Quand exiger SP 10 plutôt que SP 6 ou SP 5

La fiche technique indique en général la préparation minimale par service. La tendance :

ServiceMinimum courantPourquoi
Immersion, revêtement de réservoirs, service chimiqueSP 10 (Sa 2½), ou SP 5 si le devis l'exigeTout résidu devient une cloque ou un foyer de corrosion
Atmosphère sévère, zone d'éclaboussures, enfouiSP 10L'adhérence sous mouillage constant gouverne la durée
Atmosphère modéréeSP 6 (Sa 2) souvent acceptéTaches tolérées si le système le permet
Entretien où le sablage est impossibleSP 11, SP 15, SP 3Seulement avec un système qualifié pour cette préparation

SP 5 coûte plus de sablage que SP 10 pour un gain limité : exigez-le quand le fabricant ou le propriétaire le requiert. Les catégories de corrosivité de l'ISO 12944 aident à cadrer l'exposition, et notre article sur le revêtement de réservoir dans la fenêtre d'arrêt situe le sablage dans l'échéancier.

Liste de contrôle d'inspection SSPC-SP10

  1. Avant sablage : huile et graisse enlevées (SP 1) ; soudures et arêtes préparées (ISO 8501-3, P1 à P3) ; rouille initiale consignée.
  2. Équipement : air comprimé au papier buvard (ASTM D4285) ; abrasif documenté.
  3. Ambiance : air, humidité, point de rosée et acier consignés.
  4. Propreté : critères écrits de SP 10 appliqués par unité de surface.
  5. Profil : ASTM D4417 méthode C ou ISO 8503, selon la fiche technique.
  6. Sels : ISO 8502-6 et ISO 8502-9, comparés au seuil du devis.
  7. Poussière : ISO 8502-3, comparée à la cote exigée.
  8. Avant l'apprêt : vérifier le retour de rouille ; ressabler au besoin.
  9. Dossier : lectures, emplacements, heures et numéros de lot.

Erreurs courantes après un sablage SP 10

  • Juger l'ensemble de la surface au lieu de chaque unité de 9 po².
  • Sauter l'essai de sels parce que l'acier « a l'air propre ».
  • Sabler trop loin devant l'équipe d'apprêt.
  • Mesurer l'air au lieu de l'acier pour l'écart au point de rosée.
  • Exiger un profil « le plus profond possible » au lieu de la plage de la fiche technique.

Questions fréquentes

Quelle différence entre SSPC-SP10 et SSPC-SP6 ? Les deux sont des décapages au jet abrasif. SP 10 limite les taches à 5 % de chaque unité de surface ; SP 6 en tolère jusqu'à 33 %. SP 10 est le minimum habituel en immersion et en service sévère.

SSPC-SP 10 est-il identique à Sa 2½ ? Ce sont les plus proches équivalents, pas des jumeaux : photos d'un côté, critères écrits de l'autre. Le devis doit dire lequel gouverne.

SSPC-SP 10 fixe-t-il un profil d'ancrage ? Non. La plage vient de la fiche technique et du devis, et se mesure à part, en général au ruban réplique (ASTM D4417, méthode C).

Peut-on atteindre SP 10 à l'outil mécanique ? Non, c'est une norme de décapage au jet abrasif. Sans sablage possible, on vise SP 11 ou SP 15, si le système est qualifié pour cette préparation.

La norme NACE No. 2 est-elle encore valide depuis la fusion AMPP ? Oui. La norme conjointe est maintenue par l'AMPP et se cite toujours sous ses désignations historiques.

En pratique

Induscoat prépare et revêt l'équipement industriel au Québec et en Ontario au degré que votre devis invoque, qu'il soit écrit SSPC-SP 10/NACE No. 2 ou Sa 2½, avec les relevés de profil, de sels, de poussière et d'ambiance au dossier QA/QC. Notre service de revêtements protecteurs couvre la préparation et l'application en atelier comme en chantier, et notre page protection anticorrosion présente l'équipement que nous traitons. Si le devis laisse flou le système qui gouverne, le profil ou le seuil de sels, nous le signalons avant de chiffrer. Envoyez-nous votre devis pour demander une soumission. Les fiches techniques de la gamme Induscoat sont publiées sur le site de la marque, induscoat.com.

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HM

Hicham M, ing., PMP

Ingénieur et chef de projet (PMP) chez Induscoat. Plus de 16 ans d'expérience en revêtements industriels, réparations composites et protection anti-usure sur des sites miniers, énergétiques et pétrochimiques, au Canada et à l'international.

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