Guide technique

Protection anticorrosion des cuves de procédé et appareils à pression : revêtement intérieur et réparation

Hicham M, ing., PMP10 min de lecture

Protéger une cuve de procédé, ce n'est pas revêtir un réservoir sous pression

La protection anticorrosion d'un appareil de procédé part du mécanisme d'endommagement, pas du revêtement. Réacteurs, colonnes, séparateurs et appareils à pression sont attaqués par la chimie du procédé, les dépôts, les interfaces liquide-vapeur et les condensats acides ; la réponse est un alliage, un plaquage, un revêtement intérieur ou une réparation locale, toujours dans le cadre réglementaire d'une enveloppe sous pression.

Contrairement à un réservoir de stockage, un appareil de procédé fait réagir, sépare, chauffe, condense et se dépressurise, et sa paroi est le plus souvent une enveloppe sous pression enregistrée. Le choix d'un revêtement pour le stockage est traité dans notre guide sur le choix du revêtement intérieur de réservoir ; l'inspection, la cotation et la réparation selon le code en service, dans la norme API 510 et les appareils sous pression.

Où se corrodent les appareils de procédé : les mécanismes courants

Dans un équipement de procédé très corrosif, l'attaque se concentre là où la chimie, la phase ou l'écoulement change. L'API RP 571, qui répertorie les mécanismes d'endommagement en raffinage, fournit un vocabulaire commun.

MécanismeOù il apparaîtCe qui le provoque
Corrosion par le procédéVirole et fonds mouillés, internesLe fluide lui-même : acides, chlorures, gaz dissous, température
Corrosion sous dépôtsFond inférieur, points bas, plateaux, sous le tartrePiles de concentration et d'aération sous boues ou tartre ; abri bactérien
Interface liquide-vapeurBande du niveau normal, zone d'éclaboussuresMouillage-séchage, concentration à l'interface, oxygène
Condensats acidesTêtes de colonne, fond supérieur, sorties vapeur, points froidsVapeur refroidie sous son point de rosée : eau acide, dépôt de sels
PiqûresPartout où le film passif ou le revêtement cède localementChlorures, zones stagnantes, dépôts, porosités du revêtement
Érosion-corrosionTubulures d'entrée, zones d'impact, autour des agitateursVitesse, turbulence, solides

En tête de colonne, la première eau condensée peut être très acide et des sels du procédé peuvent se déposer. L'attaque suit les conditions d'exploitation : la maîtrise du procédé (température, eau de lavage, neutralisation, inhibition) est la première défense, le revêtement ou l'alliage la deuxième.

Les piqûres dans un appareil à pression sont un constat fréquent à l'inspection interne : peu de perte d'épaisseur moyenne, mais des piqûres profondes. Le mécanisme est expliqué dans corrosion par piqûres ; un champ de piqûres est à la fois un problème de revêtement et une question d'intégrité (l'épaisseur restante sous chaque piqûre).

Pour l'extérieur calorifugé, voir la corrosion sous isolant (CUI).

Options de protection anticorrosion des cuves de procédé et appareils à pression

Les options métallurgiques sont des décisions de conception et de fabrication, prises par l'ingénieur matériaux du propriétaire et le fabricant. Les revêtements organiques et les réparations locales s'appliquent sur un appareil existant en acier au carbone pendant un arrêt.

OptionPrincipeEnvisagée quandÀ peser
Construction en alliage résistantLa paroi sous pression résiste elle-même au procédéAppareil neuf ou remplacement ; chimie sévère ou variableAlliage choisi selon le fluide réel (chlorures, température) ; coût et délai
Tôle plaquée ou rechargement par soudageMince couche d'alliage liée métallurgiquement à une paroi en acier au carboneParois épaisses où l'alliage massif n'est pas réalisteFabrication et réparation selon le code de construction ; contrôle de la liaison
Chemisage soudé en alliageTôles d'alliage soudées à l'intérieur d'une virole existanteMise à niveau d'un appareil existantSoudures, mise à l'air derrière les tôles, acceptation selon le code
Acier émaillé (vitrifié)Émail vitreux fusionné sur l'acierRéacteurs de chimie et de pharmacieSensible aux chocs mécaniques et thermiques ; réparation selon le fabricant
Revêtement intérieur organiqueUn revêtement ou une feuille isole l'acier du procédéAcier au carbone, service couvert par le revêtementTempérature, cycles de pression, vaporisage, internes
Maîtrise du procédéOn modifie le milieu plutôt que la barrièreCondensats de tête, corrosion sous dépôtsRigueur d'exploitation et surveillance

Ces options se combinent : section haute en alliage au-dessus d'un fond en acier au carbone revêtu, ou revêtement qui protège l'appareil jusqu'à son remplacement planifié. Plaquage, rechargement et chemisage soudé relèvent de fabricants qualifiés selon le code de construction, pas de l'applicateur de revêtement.

Revêtement intérieur de cuve et d'appareil revêtu : familles et vérifications propres au procédé

Les familles de résines sont celles des réservoirs ; c'est le service qui change. Tableau qualitatif, qui ne remplace pas les données du fabricant.

FamilleOù on l'envisage dans les appareils de procédéPoints à vérifier pour un appareil
Époxy phénoliqueEau chaude, condensats, hydrocarbures, divers solvantsCuisson ou cure forcée souvent exigée ; fenêtres de recouvrement serrées
Époxy novolaqueCourants de procédé acides, solvants, températures plus élevées que l'époxy standardRigidité sous cycles thermiques ; oxydants forts à vérifier au tableau
Vinylester (paillettes de verre ou stratifié)Acides forts et oxydants, services chimiques agressifsStyrène en espace clos, temps de travail court, post-cuisson
Revêtements en caoutchoucBoues abrasives, nombreux acides minéraux, laveurs et cuves de procédéMode de vulcanisation, conception des joints, limites de température et de solvants selon le mélange
PTFE et autres fluoropolymèresServices hors de portée des revêtements thermodurcissablesSouvent appliqués en atelier ou en feuilles libres ; perméation et vide selon le fournisseur

Au-delà de la résistance chimique, un revêtement d'appareil se vérifie pour :

  • La température et les cycles thermiques. Un revêtement qualifié en immersion stable peut fissurer ou se décoller sous les cycles d'un réacteur en lots.
  • La dépressurisation. Le gaz qui a pénétré le film peut le faire cloquer lors d'une chute de pression rapide ; demandez au fabricant si le système est qualifié pour la vitesse de dépressurisation du procédé.
  • Le vaporisage, le nettoyage et le vide, souvent plus sévères que le procédé lui-même.
  • Les internes et les tubulures. Plateaux, supports, chicanes et petites tubulures multiplient les arêtes ; chacun est revêtu, fait d'un matériau résistant ou supprimé. La NACE SP0178 (aujourd'hui AMPP) couvre la conception et la finition des soudures des appareils à revêtir, et l'ISO 8501-3 définit les degrés de préparation des soudures et des arêtes.

Traitement de surface d'un appareil à pression avant revêtement

La préparation fait la moitié du système, ici en espace clos.

  1. Décontamination. Résidus et dépôts sont retirés avant le décapage ; un acier exposé aux acides ou aux chlorures retient dans ses piqûres des sels que le décapage seul n'enlève pas.
  2. Décapage abrasif. Généralement au métal presque blanc ou au métal blanc, selon ce que le fabricant du revêtement exige en immersion ; voir notre guide sur la préparation de surface NACE No. 2 / SSPC-SP 10.
  3. Sels solubles et poussières. Les sels solubles sont mesurés (ISO 8502-6 et -9) par rapport à la limite du devis ; la poussière est évaluée selon l'ISO 8502-3.
  4. Profil. Rugosité mesurée selon l'ISO 8503 ou l'ASTM D4417 et conforme à la fiche technique.
  5. Climat. Température de l'acier maintenue au-dessus du point de rosée, couramment d'au moins 3 °C selon l'ISO 8502-4, avec déshumidification dans l'appareil au besoin.

Piqûres dans un appareil à pression : réparation locale à l'époxy chargé métal

Les piqûres isolées sont comblées à l'époxy chargé métal après décapage et contrôle des sels, puis revêtues : le revêtement repose sur une surface continue, pas sur un film tendu au-dessus d'un vide.

Deux questions passent avant le mastic :

  • L'épaisseur restante est-elle acceptable ? Profondeur et répartition des piqûres sont mesurées et comparées à l'épaisseur requise. L'API 579-1/ASME FFS-1 comprend une méthode d'évaluation des piqûres ; l'évaluation d'aptitude au service décide si l'appareil continue tel quel, à conditions réduites, ou s'il faut réparer l'enveloppe sous pression.
  • Le mécanisme a-t-il été traité ? Sans changer les conditions qui les ont créées, combler les piqûres remet le compteur à zéro.

Mastic et revêtement ne comptent pas comme épaisseur de paroi ; sous l'épaisseur requise, la remise en état de l'enveloppe est une réparation distincte, selon le code applicable.

Le cadre réglementaire d'une enveloppe sous pression

RéférenceCe qu'elle encadre
CSA B51 et règlements provinciauxChaudières, appareils et tuyauteries sous pression au Canada ; application par l'organisme de chaque province
API 510Inspection en service, cotation, réparation et modification, là où le propriétaire l'adopte dans le régime provincial
ASME PCC-2Méthodes de réparation soudées, mécaniques et non métalliques des équipements sous pression et tuyauteries ; voir notre article sur la réparation composite selon l'ASME PCC-2
API 579-1/ASME FFS-1Évaluation de l'aptitude au service : perte d'épaisseur générale, perte d'épaisseur locale, piqûres

Trois conséquences pour la planification de l'entretien :

  • Une réparation de la paroi sous pression suit le code applicable et exige une évaluation d'ingénierie ainsi que l'acceptation de l'inspecteur autorisé et, s'il y a lieu, de l'autorité provinciale.
  • Le revêtement intérieur ne remplace pas l'épaisseur requise. Il protège l'acier en place ; il n'entre pas dans le calcul de pression.
  • Revêtements et réparations sont consignés au dossier de l'appareil.

Inspecter les revêtements intérieurs pendant les arrêts

Un revêtement intérieur s'inspecte à chaque entrée : un défaut trouvé tôt se retouche ; laissé un cycle, il devient une réparation de piqûres.

  • Examen visuel. Cloques, fissures, décollements, rouille et dommages mécaniques, cotés selon l'ASTM D714 ou l'ISO 4628 pour comparer d'un arrêt à l'autre, en particulier à la bande liquide-vapeur, aux tubulures, aux soudures et au fond inférieur.
  • Détection de porosités. Essai au balai électrique sur zones douteuses et retouches, selon la NACE SP0188 ou l'ASTM D5162, à la méthode et la tension admises par le fabricant.
  • Épaisseur. Feuil sec mesuré selon la SSPC-PA 2 ou l'ISO 19840 là où l'on soupçonne usure ou érosion.
  • Adhérence. L'essai d'arrachement (ASTM D4541), destructif, est réservé aux zones douteuses ; les points d'essai sont retouchés.

Les défauts locaux se réparent en ponçant jusqu'au revêtement sain, en préparant l'acier exposé et en appliquant un système compatible, avec les mêmes critères d'épaisseur et de porosités que l'original.

Questions fréquentes

Un revêtement intérieur peut-il rétablir l'épaisseur minimale d'un appareil à pression ? Non. Le revêtement protège l'acier restant ; il ne compte pas comme paroi résistante. Une perte sous l'épaisseur requise passe par une évaluation d'aptitude au service et, au besoin, une réparation selon le code applicable.

Combler des piqûres à l'époxy, est-ce une réparation d'appareil à pression ? Non : c'est une remise en état de surface pour le revêtement. L'acceptabilité de la paroi piquée est une décision d'aptitude au service distincte, prise avant le comblement.

Quel revêtement pour une tête de colonne ? Cela dépend de la chimie des condensats, de la température et du nettoyage. On agit d'abord sur le procédé ; si un revêtement est envisagé, le fabricant confirme sa résistance au condensat réel.

À quelle fréquence inspecter le revêtement d'un appareil ? À chaque inspection interne ou entrée prévue au programme d'inspection. L'intervalle découle du plan d'inspection de l'appareil.

En pratique

Induscoat applique des revêtements intérieurs sur les appareils de procédé et réalise pendant les arrêts des réparations locales de piqûres à l'époxy chargé métal, dans le cadre de son service de revêtements protecteurs, avec préparation de surface, épaisseurs et détection de porosités documentées pour le dossier de l'appareil. Les décisions sur l'enveloppe sous pression restent au propriétaire, à l'inspecteur et à l'autorité compétente. Pour les appareils au Québec et en Ontario, consultez notre page revêtement de réservoirs ; pour demander une soumission, indiquez le fluide de procédé, la température et la pression de service, et le dernier rapport d'inspection. Les fiches techniques de la gamme Induscoat sont publiées sur le site de la marque, induscoat.com.

#cuves de procédé#appareils sous pression#revêtement intérieur#réparation de piqûres
HM

Hicham M, ing., PMP

Ingénieur et chef de projet (PMP) chez Induscoat. Plus de 16 ans d'expérience en revêtements industriels, réparations composites et protection anti-usure sur des sites miniers, énergétiques et pétrochimiques, au Canada et à l'international.

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